Page:Revue des Deux Mondes - 1903 - tome 18.djvu/26

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


bonne ville de Souabe, Olivier professeur, Aloys [1] déjà un peu grand, Ziquety [2] qu’on ne porte plus, moi qui suis là depuis des mois et qui balbutie déjà pas mal d’allemand, nous nous promenons tous, entre des haies de sureau ? et nous répétant d’un air doucement rêveur : qui l’aurait dit [3] ?

« Je vous embrasse, et les enfans, et M. Lèbre, et M. Ruchet, et j’allais dire Mlle Sylvie. Je présente mes hommages à Mme Ruchet.

« Adieu à vous.

« SAINTE-BEUVE.

« Amitiés à M. Péclard que je me reproche toujours d’oublier.

« Je n’ai encore rien reçu de M. Melegari. »

1838…. Dimanche matin.

« J’attendais avec impatience votre seconde lettre, Madame et chère amie, pour répondre à la première ; j’espérais un résultat, une nomination par le Conseil d’Etat. Enfin tout est au mieux la situation étant donnée, et le talent, l’influence et tout le mérite d’Olivier n’en va que plus ressortir. — Vous ne sauriez comprendre combien vous m’étonnez avec ces détails de guerre, lorsqu’ici personne ne s’en doute et croit l’affaire close [4] : quel pitoyable machiavélisme que de continuer ainsi à démontrer quand on sait qu’il n’y a plus rien sous le tapis et qu’on sait encore mieux que, dans aucun cas, on n’aurait été au-delà de la démonstration ! Voyez-vous, il y a eu cette politique de nos gens d’Etat quelque chose d’absolument pareil à ce qu’il y a dans la phrase de nos grands littérateurs ; je compare ces mouvemens de troupes de Lyon vers Genève à une phrase des Impressions de voyage de Dumas. En prenant pourtant si au sérieux notre mensonge politique, vous faites notre gouvernement dupe plus que vous ne l’êtes ; et ce qui restera de tout cela, ce sera un allié de moins pour lui. Comme après les phrases de nos illustres, ce sont quelques admirateurs et croyans de moins qu’ils se font. Après cela, il y aurait erreur à croire qu’on en veut systématiquement à votre démocratie ; eh ! mon Dieu, c’est bien plus

  1. Nom et surnom des enfans d’Olivier.
  2. Nom et surnom des enfans d’Olivier.
  3. Olivier avait eu un moment l’idée d’aller s’établir en Allemagne.
  4. Toujours l’incident Bonaparte.