Page:Revue des Deux Mondes - 1903 - tome 18.djvu/41

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démonstration directe de la Providence et une pièce à l’appui de la Bible : est-ce un inconvénient là-bas ? Il est excellent homme, instruit (médiocrement d’esprit, je le crois), mais du sens ; je m’informerai pour savoir quel est son débit et sa faconde comme professeur. — Dites de tout ceci ce que vous jugerez bon, en vous souvenant que j’ai un vrai respect pour M. Hollard, qui a toujours été très aimable pour moi. Je répondrai du reste à M. Monnard, par un petit mot dans une prochaine.

« Je sens un grand besoin de revenir à Port-Royal, d’autant plus que je suis devancé : un Allemand, le docteur Hermann Reuchlin, fait une histoire de Port-Royal et du jansénisme, un premier gros volume va paraître en février à Hambourg : il est à Paris, lui, en ce moment, et je le vois. Je profiterai de sa théologie savante, et tâcherai qu’il profite à son tour pour ses deux derniers volumes des miens parus dans l’intervalle.

« Je suis toujours souffrant, avec des palpitations, mais je vais, je suis en proie à ma vie d’obligations et de devoirs du monde, de dîners en ville, de soirées, à laquelle je cède, me disant que je cesserai demain, et en vérité je m’y soustrairai au premier jour.

« M. Delecluse (l’auteur de Mademoiselle Liron et de la Vie du peintre Robert) a écrit une histoire du peintre David et de son école, dont il a été. Il a connu M. Naef, lequel ne s’est pas souvenu de son nom quand je lui en ai parlé une fois. Mais enfin, si vous pouviez faire raconter à M. Naef quelques détails sur la fuite de David en Suisse, et cette belle scène où il le voit assis désolé sur une borne du chemin proche de Vevey, en un mot ce coin du proscrit à Minturnes, ce serait rendre service à M. Delecluse et à l’histoire de David que de l’écrire et me l’envoyer.

« Mille tendresses pour cette année finissante ; baisers aux enfans, amitiés à Lèbre, à M. Ruchet. J’embrasse Olivier et j’allais presque dire vous-même, Madame. Au jour de l’An donc

« Et à vous de cœur, chers amis.

« SAINTE-BEUVE.

« Vous lisez tout à Mme Forel, me dites-vous ; je le crois bien, mais en sautant les parenthèses, ce qui rend la bravoure facile. Dites-lui pourtant encore, ce que je me reproche d’avoir toujours