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REVUE. CUnONIQUE. 957 que nous repoussons de toutes nos forces : celle qui consiste à rester à Salonique avec une poignée d’hommes et sans avoir la certitude d’y tenir. Si c’est à celle-là qu’on s’arrête, nous protestons par avance. Il vaut mieux s’en aller que de se montrer impuissans et s’embarquer de plein gré, que d’être un jour obligés à le faire. Le roi Constantin a dit qu’il fallait aux Alliés 400 000 hommes pour faire quelque chose dans les Balkans ; le chiffre est sans doute exagéré ; mais, même pour soutenir une situation d’attente, il faut plus de forces que nous n’en avons. La responsabilité du général Joffre s’étend aujourd’hui à nos armées d’Orient comme à nos armées d’Occident : c’est pour nous une garantie. Les représentans militaires des Alliés l’entourent : qu’il fixe avec eux le contingent nécessaire et qu’on l’envoie. Alors nous pourrons faire connaître au roi Constantin nos résolutions dernières et lui demander d’en tenir compte : et il le fera s’il nous sent forts. Les argumens ne servent à rien dans les Balkans : nous l’avons déjà suffisamment éprouvé. On en aura toujours à Athènes, car les Grecs sont subtils et éloquens. Que faut-il donc leur montrer? Une menace ? Non, une volonté suffira. Nous avons sous les yeux un livre que nous recommandons à nos lecteurs. Il est intitulé : L’AUem<gne et les Allir.s devant la cotiscience chrétiinne,ei a été publié sous la direction de Mgr Baudrilhnt, qui en a écrit la préface. D’après cette indication, on croira peut-être connaître déjà ce volume, car il en a paru un dans les mêmes conditions et il a eu un grand retentissement ; mais celui-ci en est un nouveau et il ne produira certainement pas moins d’impression que le premier. 11 est en effet une réponse faite point par point, non pas aux objec- tions, le mot ne serait pas exact, mais aux contradictions tran- chantes des docteurs allemands, qui se sont réunis au nombre de 77 pour combiner cette prétendue réfutation. Ils ont chargé spécia- lement l’un d’eux, le chanoine Rosenberg, de la rédiger. Mgr Bau- drillart et ses collaborateurs avaient voulu prouver par des faits probans et par des textes abondans que, dans la terrible guerre qui se poursuit, les intérêts catholiques étaient du coté des Alliés et non pas de 1 Allemagne. Cette vérité, qui nous paraît très simple, avait été niée par les docteurs allemands sur le ton pédant et hautain qui leur est propre. Il faut avouer que leur propagande avait produit quelque impression parmi les pays neutres, en Espagne par exemple. C’est pourquoi Mgr Baudrillart et ses collaborateurs ont pris un à