Page:Rimbaud - Poésies complètes, Vanier, 1895.djvu/26
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- Ah ! c’était si charmant, ces mots dits tant de fois !
- − Mais comme il est changé, le logis d’autrefois :
- Un grand feu pétillait, clair, dans la cheminée,
- Toute la vieille chambre était illuminée ;
- Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,
- Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer…
- − L’armoire était sans clefs !… sans clefs, la grand armoire !
- On regardait souvent sa porte brune et noire…
- Sans clefs !… c’était étrange !… on rêvait bien des fois
- Aux mystères dormant entre ses flancs de bois,
- Et l’on croyait ouïr, au fond de la serrure
- Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure…
- − La chambre des parents est bien vide, aujourd’hui :
- Aucun reflet vermeil sous la porte n’a lui ;
- Il n’est point de parents, de foyer, de clefs prises :
- Partant, point de baisers, point de douces surprises !
- Oh ! que le jour de l’an sera triste pour eux !
- − Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus,
- Silencieusement tombe une larme amère,
- Ils murmurent : « Quand donc reviendra notre mère ? »
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