Page:Rimbaud - Poésies complètes, Vanier, 1895.djvu/59
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- Et le nez du bonhomme où s’allume la laque
- Renifle aux rayons, tel qu’un charnel polypier.
- Le bonhomme mijote au feu, bras tordus, lippe
- Au ventre : il sent glisser ses cuisses dans le feu
- Et ses chausses roussir et s’éteindre sa pipe ;
- Quelque chose comme un oiseau remue un peu
- A son ventre serein comme un monceau de tripe !
- Autour, dort un fouillis de meubles abrutis
- Dans des haillons de crasse et sur de sales ventres,
- Des escabeaux, crapauds étranges, sont blottis
- Aux coins noirs : des buffets ont des gueules de chantres
- Qu’entr’ouvre un sommeil plein d’horribles appétits.
- L’écœurante chaleur gorge la chambre étroite,
- Le cerveau du bonhomme est bourré de chiffons,
- Il écoute les poils pousser dans sa peau moite
- Et parfois en hoquets fort gravement bouffons
- S’échappe, secouant son escabeau qui boite…