Page:Rimbaud - Poésies complètes, Vanier, 1895.djvu/66
La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.
- Dix-sept ans ! Tu seras heureuse !
-
- Oh ! les grands prés,
-
- La grande campagne amoureuse !
-
- − Dis, viens plus près !…
-
- − Ta poitrine sur ma poitrine,
-
- Mêlant nos voix,
-
- Lents, nous gagnerions la ravine,
-
- Puis les grands bois !…
-
- Puis, comme une petite morte,
-
- Le cœur pâmé,
-
- Tu me dirais que je te porte,
-
- L’œil mi-fermé…
-
- Je te porterais, palpitante,
-
- Dans le sentier…
-
- L’oiseau filerait son andante,
-
- Joli portier…
-
- Je te parlerais dans ta bouche :
-
- J’irais, pressant
-
- Ton corps, comme une enfant qu’on couche,
-
- Ivre du sang
-