Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/22

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II

Douceur d’associer notre âme à cette vie
Des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ;
Car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots
Et leur silence aux linges frais nous lénifie

— Tel un malade entrant dans un lit rafraîchi !
Ah ! Qu’on nous recajole ! Ah ! Quel mal à nos membres !
Et cet immense ennui que rien n’aura fléchi !
Et ce mal à notre âme en exil… mais les chambres
Sont accueillantes, sont des mères sachant bien
Le cœur de notre cœur, et jusqu’à la nuance…
Elles ont des douceurs et des baumes ! Combien
Consolante est leur paix dont l’âme s’influence ;