Page:Rolland - Vie de Beethoven.djvu/129

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ma condition ; — et maintenant, — à dire vrai, Je ne pourrais pas encore me marier : il faut que je me remue bravement encore. N’était mon ouïe, j’aurais depuis longtemps parcouru la moitié du monde ; et cela, je dois le faire. — Il n’y a pas de plus grand plaisir pour moi, que d’exercer mon art, et de le montrer. — Ne crois pas que je serais heureux chez vous. Qui pourrait me rendre heureux encore ? Même votre sollicitude me serait à charge ; je lirais à chaque instant la compassion sur votre visage, et je me trouverais encore plus misérable. — Ces beaux pays de ma patrie, qu’est-ce qui m’attirait vers eux ? Rien que l’espoir d’une meilleure situation ; et j’y serais parvenu sans ce mal ! Oh ! si j’étais libre de ce mal, je voudrais embrasser le monde ! Ma jeunesse, oui, je le sens, ne fait que commencer ; n’ai-je pas toujours été souffrant ? Ma force physique croît plus que jamais, depuis quelque temps, avec ma force intellectuelle. Chaque jour, j’approche davantage du but que j’entrevois, sans

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