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CLERAMBAULT 34e

temps de guerre » : on l'accusait de propagande pa- cifiste dans les milieux ouvriers, où Thouron, disait-on, répandait les écrits de Glerambault, d'accord avec l'auteur. Rien n'était moins fondé : Glerambault n'avait connaissance d'aucune propagande de ce genre, et il ne l'avait pas autorisée. Thouron en pouvait témoigner. — Mais voici que, justement, Thouron n'en témoignait pas. Son attitude était étrange. Au lieu d'établir les faits, il biaisait, il avait l'air de cacher quelque chose; il y mettait même une sorte d'ostentation : il eût voulu éveiller les soupçons qu'il ne s'y fût pas mieux pris. Le malheur était que ces soupçons dérivaient vers Gle- rambault. Gertes, il ne disait rien contre lui, contre quiconque. Il se refusait à rien dire. Mais il laissait en- tendre que s'il voulait parler... Il ne le voulait pas. On le confronta avec Glerambault. Il fut parfait, vraiment chevaleresque. II mit la main sur son cœur; il protesta de son admiration filiale pour le « Maître », pour r « Ami ». Glerambault, impatienté, le pressa de faire le récit exact de tout ce qui s'était passé entre eux r l'autre continuait d'attester son dévouement « indéfec- tible »: il ne dirait rien de plus, il n'ajouterait rien à ses dépositions, il prenait tout sur lui...

Il sortit de là grandi, et Glerambault suspect de se laisser abriter par le sacrifice de son leude. La presse n'hésita point : elle l'accusa de lâcheté. Gependant, le& convocations succédaient aux convocations; depuis près de deux mois, Glerambault se rendait aux inter- rogatoires oiseux que le juge lui posait, sans qu'au- cune décision se dessinât encore. 11 eût semblé qu'un

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