Page:Rolland Clerambault.djvu/359

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CLERAMBAULT 35l

Et Cliîrambault, sans y penser, récita les paroles d'Isaïe, qui lui montaient à la mémoire :

— « Les ténèbres couvrent la terre. L'ombre enveloppe les peuples ...»

Il s'était arrêté. Mais, de son lit à peine éclaipé, Fro- ment invisible continua :

— « Lève-toi, car sur la cime des monts

La Lumière vient... ï) •

— Elle rient, ré2>éta dans l'ombre la voix de M™* Froment, assise au pied du lit à côté de Cleram- bault. Glerambault lui saisit la main. Ce fut comme un frisson d'eau qui passa par la chambre.

->- Pourquoi dites-vous cela? demanda le comte de Coulanges.

— Parce que je le vois.

— Je le vois aussi, dit Glerambault, Le docteur Verrier lui demanda :

— Qui?

Mais avant que la réponse eût été prononcée, tous savaient déjà le mot qui allait être dit :

— Celui qui porte la Lumière... Le Dieu qui vaincra.

— Attendre un Dieu! fit le vieil helléniste. Vous ci-oyez au miracle ?

— Le miracle, c'est nous. N'est-ce jias un miracle que, dans ce monde de perpétuelle violence, nous gardions la foi j)erpétuelle en l'amour et l'union des hommes?

Coulanges dit àprement :

— On attend le Christ pendant des siècles. Quand il vient, on l'ignore et on le crucifie. Ensuite, il est ou-

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