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LA VIE 39
technique analogue. Buxtehude ecarte de sa musique la polyphonie debordante ettoufl'iie, qui etait cependant son royaume ^ II n'y vent rien laisser que de clair, de fort, de largement des- sine, et meme de scenique. Volontairement, il s'appauvrit, mais en se concentrant ; et ce qu'il perd en abondance, il le reprend en intensite. Le caractere presque homophone de Tecriture, la nettete des beaux dessins melodiques, d'une clarte populaire % I'insistance des rythmes et des phrases qui se repetent et s'enl'oncent dans I'esprit, d'une facon obsedante, sont des traits essentiellenient lia3ndeliens. Ge qui ne Test pas moins , c'est la magnificence triomphale des ensembles, cette facon de peindre par larges touches de lumiere et d'ombre^ G'est, au plus haut degre, comme Tart de Heendel, une mu- sique pour tout un peuple.
Mais il se passa beaucoup de temps avant que Haendel mit a profit les exemples de Buxtehude. A son retour de Liibeck, il semblait n'y plus
1. Sa musique d'orgue atteste sa maitrise en ce genre.
2. Voir rintiiiiile penetrante,la suavite melodique de la can- tate : Alles was ihr tut mit Worten oder Werken, — et la gran- deur tragique, avcc des inoycns si simples, de la raagnifique cantate : Goit hilf inir.
3. On trouvera, page 167 du volume des Denkmdler, nn Hallelujah dc Buxtehude (pour 2 clarini (trompettes), 2 vio- lini, 2 violes, violons, orgue, et ciuq parties vocales), qui est du pur Ha3ndcl, et du plus beau.
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