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LA VIE 89
Les Anthems (on Psainnes) Chandos ^ sont, pour les oratorios de Haendel, ce que ses Cantates ita- liennes sont pour ses operas : de splendides esquisses, desmorceauxd'epopees. Dansces can- tates religieuses, ecrites pour la chapelle duduc, Haendel donne la premiere place aux chceurs : ils sont la voix meme de la Bible qui chante, — voix virile, heroique, degagee des commen- taires et des effusions sentimentales dont I'avait affadie la piete allemande. G'est deja Tesprit et le style dC Israel en Egypte, les grand es lignes monumentales, le souffle populaire.
II n'y avait qu'un pas a faire pour passer de ces epopees bibliques au drame. Haendel le fit avec Esther, qui, sous sa premiere forme, etait inti- tulee : Hcunan and Mordecaij a masque [Aman et Mardochee, masque '). II est possible qu'a la
1. Les Anthems iienneniiroxs volumes de la grande edition Haendel. Le Iroisieme est reserve a des oeuvres posterieures a I'epoque dont nous nous oceupons ici. Les deux premiers contiennent 11 Anthems Chandos, dont deux en double, et un en triple version.
Ha?ndel ecrivit, dans le meme temps, trois Te Deum.
2. On sait que les Masques etaient des compositions pro- fanes, trcs a la mode en Angleterre, au temps des Stuarts ; ils etaient en partie joues et danses comme pieces de theatre, en partie chantes, comme morceaux de concert. — (Voir Paul Reyher : Les Masques anglais, Paris, 1909.)
Hajndcl reprit son Esther, en 1732, et la remania. La premiere Esther est en une seule partie, qui comprend six scenes. La seconde Esther est en trois actes, precedes et termines chacun par de grands choeurs a lanlique. — On a quclquefois pretcudu que le poemc etait de Pope.
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