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��TIE DE TOLSTOÏ 103

je mentionne Dieu; je ne puis t éviter, car il est la base même de ma pensée ^

La comtesse est touchée, sans doute ; elle tâche de dissimuler son impatience ; mais elle ne com^ prend pas; elle observe son mari avec inquiétude :

Ses yeux sont étranges^ fixes. Il ne parle presç[ue pas, H semble n'être pas de ce monde*.

Elle pense qu'il est malade :

Léon travaille toujours, à ce quil dit. Hélas! il écrit des discussions religieuses quelconques. Il lit et réfléchit^ jusquà se donner mal à la tête, et tout cela pour montrer que l'Eglise n'est pas d'accord avec la doctrine de l'Evangile. C'est à peine s'il se trouve en Russie une dizaine de personnes que cela puisse intéresser. Mais il n'y a rien à faire. Je ne souhaite qu'une chose : qu'il en finisse au plus vite, et qv^ cela passe comme une maladie '.

La maladie ne passa point. La situation devint de plus en plus pénible entre les deux époux. Ils s'aimaient» ils avaient l'un pour l'autre une estime profonde; mais il leur était impossible de se comprendre. Ils tâchaient de se faire des conces- sions mutuelles, qui devenaient — comme c'est

1. Été 1878. Voir Vie et Œuvre,

2. 18 noYembre 1878. Ibid.

3. Norembré 1879. Ibid,, trad. Bienstoek.

R. Rolland. — Vie do Tolstoï. 8

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