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par la musique étaient accompagnées (Tune légère pdleur du visage et d'une grimace imperceptible qui, semblait-il^ exprimait V effroi^.
C'était bien l'effroi qu'il éprouvait, au choc de ces forces inconnues qui ébranlaient jusqu'aux racines de son être ! Dans ce monde de la musique, il sentait fondre sa volonJté morale, sa raison, toute la réalité de la vie. Qu'on relise, dans le premier volume de Guerre et Paix, la scène où Nicolas Ros- toY, qui vient de perdre au jeu, rentre désespéré. U entend sa sœur Natacha qui chante. Il oublie tout*
n attendait avec une fiévreuse impatience la note qui allait suivre^ et pendant un moment^ il n'y eut plus au monde que la mesure à trois temps : Ohl mio crudele affetto !
— c Quelle 'absurde existence que la nôtre, pen» sait-il. Le malheur, l'argent, la haine, Vhonneur, tout cela n'est rien... Voilà le vrai!... Natacha, ma petite colombe/... Voyons si elle va atteindre le &if... Elle Ta atteint^ Dieu merci/ »
Et lui-même, sans s'apercevoir qu*il chantait, pour renforcef le si, il Vaccompagna à la tierce.
— c Oh/ mon Dieu, que c'est beau/ Est-ce moi qui Foi donné? quel bonheur/ » pensait^il; et la vibra- tion de cette tierce éveilla dans son âme tout ce quHl y avait de meilleur et de plus pur. Qu'étaient, à
1. 8.-A. Ben, Souvehin tur Tolstoï (Voir Vie 9t Œuvre).
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