Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/11

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Christian, suppliant.

Non !... Vous qui chansonnez et la ville et la cour,
Restez : vous me direz pour qui je meurs d’amour.


Le chef des violons, frappant sur son pupitre, avec son archet

Messieurs les violons !...

(Il lève son archet.)


La distributrice.

Messieurs les violons !...Macarons, citronnée...

Les violons commencent à jouer.


Christian.

J’ai peur qu’elle ne soit coquette et raffinée,
Je n’ose lui parler car je n’ai pas d’esprit...
Le langage aujourd’hui qu’on parle et qu’on écrit,
Me trouble. Je ne suis qu’un bon soldat timide.
–– Elle est toujours à droite, au fond : la loge vide.


Lignière, faisant mine de sortir.

Je pars.


Christian, le retenant encore.

Je pars.Oh ! non, restez !


Lignière.

Je pars.Oh ! non, restez !Je ne peux. D’assoucy
M’attend au cabaret. On meurt de soif, ici.


La distributrice, passant devant lui avec un plateau.

Orangeade ?


Lignière.

Orangeade ?Fi !


La distributrice.

Orangeade ?Fi !Lait ?


Lignière.

Orangeade ?Fi !Lait ?Pouah !


La distributrice.

Orangeade ?Fi !Lait ?Pouah !Rivesalte ?


Lignière.

Orangeade ?Fi !Lait ?Pouah !Rivesalte ?Halte !
(À Christian.)
Je reste encor un peu. -– Voyons ce rivesalte ?

(Il s’assied près du buffet. La distributrice lui verse du rivesalte.)