Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/21

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



La voix d’un marquis, dans le silence, derrière le rideau.

Mouchez cette chandelle !


Un autre marquis, passant la tête par la fente du rideau.

Mouchez cette chandelle !Une chaise !

(Une chaise est passée, de main en main, au-dessus des têtes. Le marquis la prend et disparaît, non sans avoir envoyé quelques baisers aux loges.)


Un spectateur.

Mouchez cette chandelle !Une chaise !Silence !

(On refrappe les trois coups. Le rideau s’ouvre. Tableau. Les marquis assis sur les côtés, dans des poses insolentes. Toile de fond représentant un décor bleuâtre de pastorale. Quatre petits lustres de cristal éclairent la scène. Les violons jouent doucement.)


Le bret, à Ragueneau, bas.

Montfleury entre en scène ?


Ragueneau, bas aussi.

Montfleury entre en scène ?Oui, c’est lui qui commence.


Le bret.

Cyrano n’est pas là.


Ragueneau.

Cyrano n’est pas là.J’ai perdu mon pari.


Le bret.

Tant mieux ! tant mieux !

(On entend un air de musette, et Montfleury paraît en scène, énorme, dans un costume de berger de pastorale, un chapeau garni de roses penché sur l’oreille, et soufflant dans une cornemuse enrubannée.)


Le parterre, applaudissant.

Tant mieux ! tant mieux !Bravo, Montfleury ! Montfleury !


Montfleury, après avoir salué, jouant le rôle de Phédon.

« Heureux qui loin des cours, dans un lieu solitaire,
Se prescrit à soi-même un exil volontaire,
Et qui, lorsque Zéphire a soufflé sur les bois... »