Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/29

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Cyrano, tournant sa chaise vers le bourgeois, respectueusement.

De la Clorise ! Je m’entête...Vieille mule,
Les vers du vieux Baro valant moins que zéro,
J’interromps sans remords !


Les précieuses, dans les loges.

J’interromps sans remords !Ha ! - Ho ! - Notre Baro !
Ma chère ! - Peut-on dire ? ... Ah ! Dieu ! ...


Cyrano, tournant sa chaise vers les loges, galant.

Ma chère ! - Peut-on dire ? ... Ah ! Dieu ! ...Belles personnes,
Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes
De rêve, d’un sourire enchantez un trépas,
Inspirez-nous des vers... mais ne les jugez pas !


Bellerose.

Et l’argent qu’il va falloir rendre !


Cyrano, tournant sa chaise vers la scène.

Et l’argent qu’il va falloir rendre !Bellerose,
Vous avez dit la seule intelligente chose !
Au manteau de Thespis je ne fais pas de trous

(Il se lève, et lançant un sac sur la scène.)

Attrapez cette bourse au vol, et taisez-vous !


La salle, éblouie.

Ah ! ... Oh ! ...


Jodelet, ramassant prestement la bourse et la soupesant.

Ah ! ... Oh ! ...à ce prix-là, monsieur, je t’autorise
À venir chaque jour empêcher la Clorise ! ...


La salle.

Hu ! ... Hu ! ...


Jodelet.

Hu ! ... Hu ! ...Dussions-nous même ensemble être hués ! ...


Bellerose.

Il faut évacuer la salle !...