Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/33

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Le facheux.

Mais du tout ! ...


Cyrano.

Mais du tout ! ...Pourquoi donc prendre un air dénigrant ?
– Peut-être que monsieur le trouve un peu trop grand ?


Le facheux, balbutiant.

Je le trouve petit, tout petit, minuscule !


Cyrano.

Hein ? Comment ? m’accuser d’un pareil ridicule ?
Petit, mon nez ? Holà !


Le facheux.

Petit, mon nez ? Holà !Ciel !


Cyrano.

Petit, mon nez ? Holà !Ciel !Énorme, mon nez !
– Vil camus, sot camard, tête plate, apprenez
Que je m’enorgueillis d’un pareil appendice,
Attendu qu’un grand nez est proprement l’indice
D’un homme affable, bon, courtois, spirituel,
Libéral, courageux, tel que je suis, et tel
Qu’il vous est interdit à jamais de vous croire,
Déplorable maraud ! car la face sans gloire
Que va chercher ma main en haut de votre col,
Est aussi dénuée...

(Il le soufflette.)


Le facheux.

Est aussi dénuée...Aï !


Cyrano.

Est aussi dénuée...Aï !De fierté, d’envol,
De lyrisme, de pittoresque, d’étincelle,
De somptuosité, de Nez enfin, que celle...

(Il le retourne par les épaules, joignant le geste à la parole.)

Que va chercher ma botte au bas de votre dos !