Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/6

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Le bourgeois, à son fils.

Ne se croirait-on pas en quelque mauvais lieu ?
(Il montre l’ivrogne du bout de sa canne.)
Buveurs...
Buveurs...(En rompant, un des cavaliers le bouscule.)
Buveurs...Bretteurs !
Buveurs...Bretteurs !(Il tombe au milieu des joueurs.)
Buveurs...Bretteurs !Joueurs !


Le garde, derrière lui, lutinant toujours la femme.

Buveurs...Bretteurs !Joueurs !Un baiser !


Le bourgeois, éloignant vivement son fils.

Buveurs...Bretteurs !Joueurs !Un baiser !Jour de Dieu !
– Et penser que c’est dans une salle pareille
Qu’on joua du Rotrou, mon fils !


Le jeune homme.

Qu’on joua du Rotrou, mon fils !Et du Corneille !


Une bande de pages, se tenant par la main, entre en farandole et chante.

Tra la la la la la la la la la la lère...


Le portier, sévèrement aux pages.

Les pages, pas de farce ! ...


Premier page, avec une dignité blessée.

Les pages, pas de farce !...Oh ! Monsieur ! ce soupçon ! ...

(Vivement au deuxième, dès que le portier a tourné le dos.)

As-tu de la ficelle ?


Le deuxième.

As-tu de la ficelle ?Avec un hameçon.


Premier page.

On pourra de là-haut pêcher quelque perruque.


Un tire-laine, groupant autour de lui plusieurs hommes de mauvaise mine.

Or ça, jeunes escrocs, venez qu’on vous éduque :
Puis donc que vous volez pour la première fois...


Deuxième page, criant à d’autres pages déjà placés aux galeries supérieures.

Hep ! Avez-vous des sarbacanes ?