Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/14

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cœur toujours aimant se complaît encore aux affections humaines, daigne entendre ma voix, & sourire à l’hommage que te présente aujourd’hui la sainte amitié.

Non, ce n’est ni à la Grandeur, ni à la Vanité, c’est à Toi, Jean-Jacques, c’est à te mémoire que tes amis élevent & consacrent ce monument ; dépot précieux des fruits de ton génie, & des émanations de ton cœur.

En vain de vils infectes acharnés sur ton cadavre, l’inondent des poisons infects dont ils font leur pâture : tes écrits immortels transmis à la postérité, vont porter d’âge en âge, l’empreinte & la leçon des vertus dont ta vie fut l’exemple & le modele.

Eh ! qu’importe à la Vérité l’erreur des hommes, & leur barbarie à la Justice ? Vois d’un œil de compassion tes lâches ennemis. Tels que des coupables que la terreur accompagne & décele, ils se troublent ces hommes si vains, qui se disent les sages de la terre, & les précepteurs des nations : Ils se troublent en voyant approcher le jour où sera arraché le masque dont ils couvrent leur difformité. Ils frémissent ; & dans leur rage aveugle, forcenée, mais impuissante, ils croyent déshonorer ton nom, lorsqu’ils n’avilissent que leur propre cœur.

Courageuse victime de ta sincérité, toi qui aux dépens du repos de tes jours, plaças la Vérité sur son trône, & préféras par amour pour elle, aux caresses, les outrages ;

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