Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/15

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à l’aisance, la pauvreté ; aux honneurs, la flétrissure ; à la liberté, les fers ; ils t’appellent Hypocrite.......... Eux qui régorgeans de fiel, d’orgueil & d’envie, prêchent la douceur, la modération, l’humanité, & couverts des livrées de la philosophie, marchent à leur but par des voies obliques, & tendent avec acharnement, mais sans se compromettre, à propager une doctrine meutriere, qui réduit tout systême de morale à n’être qu’un leurre entre les mains des gens d’esprit, pour tirer parti de la crédulité des simples.

Toi qui plein d’une noble sensibilité, repoussas les dons offerts par la vanité, ou présentés par la simple bienveillance, mais honoras du nom de bienfaits, les plus légers services que te rendit l’amitié : condamné, poursuivi, persécute sans relâche par la calomnie, l’intrigue & le fanatisme, ô Toi qui pleurant sur l’aveuglement des hommes, leur pardonnas le mal qu’ils t’avoient fait ; & leur tins compte de tout celui qu’ils ne te faisoient pas ; ils t’appellent Ingrat...... Eux qui jouissent de l’existence, & voudroient anéantir l’Auteur de toute existence.

Toi dont le cœur toujours inaccessible à la cupidité, à la haine, à l’envie, déploya sans crainte & sans personnalité, sa foudroyante éloquence contre ces passions atroces : Toi dont l’ame ne fut jamais fermée à l’affligé, ni la main à l’indigent : Toi qui consacras tes talens & ta

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils