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m’apprendroit les comptes à parties doubles & qu’il vouloit me mettre en état d’offrir mes services à M. Basile, quand il seroit de retour. Il y avoit dans son ton, dans son air, je ne sais quoi de faux, de malin, d’ironique qui ne me donnoit pas de la confiance. Madame Basile, sans attendre ma réponse, lui dit séchement que je lui étois obligé de ses offres, qu’elle espéroit que la fortune favoriseroit enfin mon mérite & que ce seroit grand dommage qu’avec tant d’esprit je ne fusse qu’un commis.
Elle m’avoit dit plusieurs fois qu’elle vouloit me faire faire une connoissance qui pourroit m’être utile. Elle pensoit assez sagement pour sentir qu’il étoit tems de me détacher d’elle. Nos muettes déclarations s’étoient faites le jeudi. Le dimanche elle donna un dîné où je me trouvai & où se trouva aussi un Jacobin de bonne mine auquel elle me présenta. Le moine me traita très-affectueusement, me félicita sur ma conversion & me dit plusieurs choses sur mon histoire qui m’apprirent qu’elle la lui avoit détaillée : puis me donnant deux petits coups d’un revers de main sur la joue, il me dit d’être sage, d’avoir bon courage & de l’aller voir, que nous causerions plus à loisir ensemble. Je jugeai par les égards que tout le monde avoit pour lui que c’étoit un homme de considération, & par le ton paternel qu’il prenoit avec Madame Basile qu’il étoit son confesseur. Je me rappelle bien aussi que sa décente familiarité étoit mêlée de marques d’estime & même de respect pour sa pénitente qui me firent alors moins d’impression qu’elles ne m’en font aujourd’hui. Si j’avois eu plus d’intelligence, combien j’eusse été touché d’avoir pu rendre