Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t2.djvu/50

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Ô ! que ne suis - je né dans un siecle où je dusse jetter ce Recueil au feu !

N. Vous outrez, à votre ordinaire ; mais jusqu’à certain point, vos maximes sont assez justes. Par exemple, si votre HéloÏse eût été toujours sage,elle instruiroit beaucoup moins ; car à qui serviroit-elle de modele ? C’est dans les siecles les plus dépravés qu’on aime les leçons de la morale la plus parfaite. Cela dispense de les pratiquer ; & l’on contente à peu de frais, par une lecture oisive, un reste de goût pour la vertu.

R. Sublimes Auteurs, rabaissez un peu vos modeles, si vous voulez qu’on cherche à les imiter. À qui vantez-vous la pureté qu’on n’a point souillée ? Eh ! parlez - nous de celle qu’on peut recouvrer ; peut-être au moins quelqu’un pourra vous entendre.

N. Votre jeune homme a déjà fait ces réflexions mais n’importe ; on ne vous sera pas moins un crime d’avoir dit ce qu’on fait, pour montrer ensuite ce qu’on devroit faire. Sans compter, qu’inspirer l’amour

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