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que je me suis proposé de suivre. C’est au lecteur à juger si j’ai réussi.
Il est arrivé de là que j’ai d’abord peu parlé d’émile, parce que mes premières maximes d’éducation, bien que contraires à celles qui sont établies, sont d’une évidence à laquelle il est difficile à tout homme raisonnable de refuser son consentement. Mais à mesure que j’avance, mon élève, autrement conduit que les vôtres’n’est plus un enfant ordinaire ; il lui faut un régime exprès pour lui. Alors il paraît plus fréquemment sur la scène, & vers les derniers temps je ne le perds plus un moment de vue, jusqu’à ce que, quoi qu’il en dise, il n’ait plus le moindre besoin de moi.
Je ne parle point ici des qualités d’un bon gouverneur ; je les suppose, & je me suppose moi-même doué de toutes ces qualités. En lisant cet ouvrage, on verra de quelle libéralité j’use envers moi.
Je remarquerai seulement, contre l’opinion commune, que le gouverneur d’un enfant doit être jeune, & même aussi jeune que peut l’être un homme sage. je voudrois qu’il fût lui-même enfant, s’il étoit possible, qu’il pût devenir le compagnon de son élève, & s’attirer sa confiance en partageant ses amusements. Il n’y a pas assez de choses communes entre l’enfance & l’âge mûr pour qu’il se forme jamais un attachement bien solide à cette stance. Les enfans flattent quelquefois les vieillards, Mais ils ne les aiment jamais.
On voudroit que le gouverneur eût déjà fait une