Page:Rousseau - Du Contrat social éd. Beaulavon 1903.djvu/231

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vertueux palatin[1] dans la Diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium[2].

S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes[3].



CHAPITRE V


DE L’ARISTOCRATIE


Nous avons ici deux personnes morales très distinctes : savoir, le gouvernement et le souverain ; et par conséquent deux volontés générales, l’une par rapport à tous les citoyens, l’autre seulement pour les membres de l’administration. Ainsi, bien que le gouvernement puisse régler sa police intérieure comme il lui plaît, il ne peut jamais parler au peuple qu’au nom du souverain, c’est-à-dire au nom du peuple même ; ce qu’il ne faut jamais oublier.

Les premières sociétés se gouvernèrent aristocratiquement. Les chefs des familles délibéraient entre eux des affaires publiques. Les jeunes gens

  1. (a) Le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne, duc de Lorraine. (Note de Rousseau).
  2. « Je préfère la liberté avec ses périls à la tranquillité de la servitude ». Paroles du père du roi Stanislas Leczinski.
  3. Encore une fois, sous la forme pure.