Page:Rousseau - Du contrat social éd. Dreyfus-Brisac.djvu/119

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62 DU CONTRAT SOCIAL. d’en étre membre en violant ses lois· et meme il lui fait la 9 guerre. Alors la conservation de l’Etat est incompatible avec la sienne; il faut qu’un des deux périsse; et quand on fait mourir le cou able c’est moins comme cito en ue s comme ennemi. Les procédures, le jugement, sont les preuves et la déclaration qu’il a rompu le traité social, et par conséquent qu’il n’est plus membre de l’Etat (1). Or, COITIIIIC s’est I`€COl’1I`ll.1 {Cl, IOUI all II10lI'lS P3? SOI1 Sé)OL1I`, il en doit étre retranché par l’exil comme infracteur du pacte OL1 PHP la 1'I1OI`I COHIIIIC €I1I1€II1l (2); C3? LID tel €l’lll€I1‘ll n’est pas une persorme morale, c’est un homme : et c’est alors que le droit de la guerre est de tuer le vaincu. Mais, dira·t-on, la condamnation d’un criminel est un acte particulier. D’accord : aussi cette condamnation n’ap- partient-elle point au souverain; c’est un droit qu’il peut conférer sans pouvoir l°exercer lui—m€me. Toutes mes idées se tiennent, mais ie ne saurais les exposer toutes a la fois. Au reste, la fréquence des supplices est toujours un signe de faiblesse ou de paresse dans le gouvernement (3). Il n’y a point de méchant qu’on ne put rendre bon a quelque chose. On n’a droit de faire mourir, meme pour mot de péril ne sert qu’a rcnchérir sur celui de risque et ne passe qu’a sa faveur. Au péril dc Ia vic est une expression impropre, mais autorisée,of1 le mot de péril est pris pour celui de risque. (r) Houses, Leviathan, De ogicio summi imperantis, liv. ll, chap. xxx. — Summi imperantis officia (sive is monarcha sit sive coctus) manifeste indicat institutionis fmis, nimirum salus populi : quam lege nature obligatur quan- tum potest procurare et cujus rationem Deo, et illi soli tenetur reddere... Horum autcm jurium fundamenta eo magis doceri debent quod juris naturalis sunt, non civilis, et punienda eorum transgressio non ut trans- gressio legum civilium sed vindicanda ut facta hostilia. Continent enim rebellionem, id est legum civilium simul omnium transgressionem vel potius repudiationem, et propterea lege civili frustra prohibentur. '(2) Pt.x·ro¤,Le Politique ou De la Royauté. — Qu’aucun membre de l’Etat n’ose rien faire contre les lois, que celui qui l’oserait soit puni de la mort et des derniers supplices... (3) Monrrxsquxxu, Esprit des lois, liv. VI, chap. rx.- C’est unc remarquc perpétuelle des auteurs chinois, que plus dans leur Empire on voyait aug- menter les supplices, plus la révolution était prochaine.


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