Page:Rousseau - Du contrat social éd. Dreyfus-Brisac.djvu/169

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nz DU CONTRAT SOCIAL. n’est plus dangereux que l’influence des intéréts privés dans les aifaires publiques, et l’abus des lois par le gouver— nement est un mal moindre que la corruption du législa- teur, suite infaillible des vues particuliéres(1). Alors, l’Etat étant altéré dans sa substance,toute réforme devient impos- sible. Un peuple qui n’abuserait jamais du gouvernement n’abuserait pas non plus de Pindépendance; un peuple qui gOUVEI`I'lEI`3lI tOUi0UI`S bIEIl Il’3UI`3lt PRS bESOlI'l d’EtI`E g0U— verné. A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera ja- II`13lS. ESI COHIFE l’0I`dI'E D3IUI`Ei QUE lc gfaild I'lOIT1bI`E g0UVEI`I`1E EIC QUE le pEIi{ SOiI gOUVEI`l'lE. OH UE PEUI imagi- I'lE1` QUE le pEUPlE I`ESIE IDCESSEIIIIITIEIII 21SSE1'I'1blE POUI V3QUEI° aux affaires publiques, et l’on voit aisément qu’il ne sau- rait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l’administration change (2). En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand culiers c’est qu’ils ne s’accordent point, car s’ils s’accordaient, ce ne seraient • plus des intéréts particuliers, mais communs. Or, cn détruisant tous ces in- térets l’un par l’autre, reste Pintérét public qui doit gagner dans la délibéra- tion t0ut ce que perdent les intérets particuliers. (.¤)A1usrorz, Politique, liv. VIII, chap. vu. — Dans les démocraties, surtout dans celles qui paraissent constituées le plus démocratiquement Pintéret de l’Etat est tout aussi mal compris, parce qu’on s’y fait une idée tres fausse de la liberté. Selon l‘opinion commune, les deux caractéres dis- tinctifs de la démocratie sont la souveraineté du plus grand nombre et la liberté. L’égalité est le droit commun; et cette égalité, c’est précisément que la volonté de la maiorité soit souveraine. Des lors, liberté et égalité se confondent dans la faculté laissée a chacun de faire ce qu’il veut ee tout a sa guise », comme dit Euripide. C’est la un tres dangereux systéme, car il · ne faut pas que vivre seion la constitution puisse paraitre aux citoyens un esclavage; au contraire, ils doivent y trouver sauvegarde et bonheur. Mourzsquizu, Esprit des Lois, liv. XI, chap. m. -— La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent. (z)An1s1·or1:, Politique, liv. VII, chap. 1. — Le principe du gouverne- ment démocratique, c’est la liberté. On croirait presque, a entendre répéter cet axiome, qu’on ne peut meme trouver de liberté ailleurs... Le premier caractere de la liberté c’est l’alternative du commandement et de l’obéis- sance. Dans la démocratie, le droit politique est l’égalité non plus d’apres le mérite, mais suivant le nombre. Cette base du droit une fois posée, il s’en·-


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