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82 DU CONTRAT SOCIAL.

et, a mesure qu’il devient nécessaire d’en promulguer de nouvelles, cette nécessité se voit universellement. Le pre- mier qui les propose ne fait que dire ce que tous ont déja senti, et il n’est question ni dc brigues ni d’éloquence pour faire passer en loi ce que chacun a déja résolu de faire, sit6t qu’il sera sur que les autres le feront comme lui. Ce IPOIDPC les I`&lSOf1I`l€�I`S, c’est QUE, IIC VOy3I`lI q�€ des Etats mal constitués des leur origine, ils sont frappés de Pimpossibilité d’y maintenir une semblable police. Ils rient d’imaginer toutes les sottises qu’un fourbe adroit, un parleur insinuant pourrait persuader au peuple de Paris ou de Londres. Ils ne savent pas que Cromwell eut été mis aux sonnettes par le peuple de Berne, et le duc de Beaufort it la discipline par les Genevois (1). . Mais quand le ncxaud social commence a se relacher et pris a part, n’est pas un homme remarquable, est cependant au-dessus des hommes supérieurs, sinon individuellement du moins eu masse, comme un repas h frais communs est plus splendide que le repas dont un seul fait la dépense. Dans cette multitude, chaque individu a sa part de vertu, de sagesse, et tous, en se rassemblant, forment, on peut dire, un seul homme ayant des mains, des pieds, des sens innombrables, un moral et une intel- ligence en proportion... Je comprends, par la masse des citoyens, tous les hommes d‘uue fortune et d’un mérite ordinaires... Quand ils sont assemblés, leur masse sent touiours les cboses avec une intelligence suftisante... Mais les individus pris isolément n'en sont pas moins incapables de iuger... L'élection des magistrats remise a la multitude peut étre attaquée dc la meme maniere. Ceux-la seuls qui savent faire la chose, dira-t-on, ont ~ assez de lumiéres pour choisir... Les individus isolés jugeront moins bien que les savants, j'en conviens; mais tous réunis, ou ils vaudront mieux ou ils ne vaudront pas moins. La souveraineté doit appartenir aux lois fondées sur la raison, et le ma- gistrat, unique ou multiple, ne doit étre souverain que la ou la loi n’a pu rien disposer par Pimpossibilité de préciser tous les détails dans les réglements généraux. Moirrssqutau, Esprit des Lois, liv. IV, chap. v. — C’est dans le gouver— nement républicain que 1’on a besoin de toute la puissance de l’éducation... la vertu est un rcnoncement at soi-meme qui est touiours une chose tres pénible. On peut définir cette vertu l’amour des lois et de la patrie... le gouvernement est comme toutes les choses du monde, pour le conserver, il faut l’aimer. (1) Mncnutvm., Le Prince, chap. v. — Quiconque devient maitre d’une


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