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l 272 DU CONTRAT SOCIAL. tous les citoyens, de sorte que le souverain connait seulement le corps de la nation, et ne distingue aucun de ceux qui la composent. Qu’est-ce donc proprement qu’un acte de souveraineté? Ce n’est pas un ordre du supérieur a l’inférieur, ni un commandement du maitre a l’esclave; mais une convention du corps de l’Etat avec chacun de ses membres; convention légitime, parce qu’elle a pour base le con- trat social, équitable, parce qu’elle est volontaire et générale,utile(t), parce qu’elle ne peut avoir d’autre objet que le bien de tous, et solide, parce qu’elle a pour garants la force publique et le pouvoir supréme. Tant que les suiets ne sont soumis qu’a de telles conven- tions, ils n’obéissent a personne, mais seulement a leur propre volonté : et demander jusqu’oi1 s’étendent les droits respectifs du sou- verain et des particuliers, c’est demander jusqu’a quel point ceux-ci peuvent s’engager avec eux-mémes, chacun envers tous, et tous en- vers chacun d’eux. Il s’ensuit de la que le pouvoir souverain, tout absolu, tout sacré, tout inviolable qu’il est, ne passe ni ne peut passer les bornes des conventions générales, et que tout homme peut disposer pleinement de ce qui lui a été laissé de ses biens et de sa liberté par ces conven- tions; de sorte que le souverain n’est jamais en droit de charger un particulier plus qu’un autre, parce qu’alors l’aH`aire devenant particu- liere, son pouvoir n’est plus compétent. Ces distinctions une fois admises, il est si faux que dans le con- trat social il y ait de la part des particuliers aucune renonciation vé- ritable, que leur situation par 1’efl`et de ce contrat se trouve réelle· ment préférable a ce qu’elle était auparavant, et qu’au lieu d’une simple alienation, ils n’ont fait qu’un échange avantageux d’une ma- niére d’étre incertaine et précaire contre une autre meilleure et plus sure, de l’indépendance naturelle contre la liberté civile, de leur pou- voir de nuire a autrui, contre leur sureté personnelle,et de leur force, que d’autres pouvaient surmonter, contre un droit que l’union sociale rend invincible. Leur vie méme, qu’ils ont dévouée a l’Etat, en est continuellement protégée, et lorsqu’ils l’exposent ou la perdent pour sa défense que font-ils alors qu’ils ne fassent plus fréquemment et avec plus de danger dans 1’état de nature, lorsque livrant des combats inévitables ils défendraient au péril de la vie ce qui leur sert a Ia conserver?Tous ont a combattre au besoin pour la patrie, il est vrai, mais aussi nul n’a iamais a combattre pour soi. Ne gagne-t-on pas i encore a courir, pour ce qui fait notre sureté, une partie des risques qu’il faudrait courir pour nous·mémes sitot qu’elle nous serait otée P] (r) Ce passage du manuscrit a été omis dans le texte publié par M. Alexeierf. l » I .....4.-·-—· ———·-——·-r l
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