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xxrv INTRODUCTION. travail plus approfondi, congu sur ce plan et dans cet esprit. Mais, si clair, si lumineux qu’ait été Rousseau, il n’a pas tout dit ou plutot il n’a pu tout dire. On oublie trop, en appréciant ses oeuvres comme toutes celles, d’ai1leurs, qui ont été publiées sous un gouvernement arbitraire, qu’on ne peut, surtout lors- qu’il s’agit de livres qui touchent aux questions les plus délicates de lapolitique et aux bases fondamentales de la société et des institutions, leur appliquer les memes regles d’inter- prétation qu`a nos écrits contemporains rédigés sous un regime T de libre publicité et de libre discussion. Certes, si un écrivain fut courageux, ce fut Rousseau, et le procureur Tronchin, en demandant a regret, semble—t-il, la condamnation de l’Emile et du Contrat, reproche a leur auteur comme un acte d’une impru- dence inouie et d’une hardiesse presque folle d’avoir signé de son nom ces oeuvres subversives. Voltaire etait plus prudent et put vivre tranquillea Geneve et y écrire ses pamphlets qui sentaient le plus le fagot, en flattant les Genevois et en s’en moquant. Rousseau, lui, ne jouait pas au grand seigneur, `il n‘e0t pas su le faire. F ils d’artisan, il afiiche dans ses écrits la franchise d’un homme du peuple; il a des brutalités de langage auxquelles il semble méme se complaire. Malgré tout, vivant en France, il nous dit lui-méme qu’il s’est cru tenu a des precautions; il a renoncé a extraire les oeuvres de l’abbé de Saint-Pierre, parce qu’elles étaient pleines d’observations critiques sur le gouverne— ment de France. C’était naturel, puisqu‘il s’agissait des oeuvres d’autrui; mais pour les siennes memes, bien qu’il se soit toujours fait une regle d’honneur de parler rt pour le bien commun, sans souci du reste », il reconnaissait que l’hospitalité frangaise l’obli· geait, lui étranger, a garder certains ménagements et a écrire ses livres avec plus de retenue ; c’est aussi pour ce motif qu’il signait tous ses ouvrages J .-J. Rousseau, citoyen de Geneve, pen- sant expliquer et se faire pardonner la liberté de sa plume par la raison qu’étant né dans une république, il était bien naturel . qu’il exprimat des idées républicaines; c’est l’argument qu’il oppose, tres tierement, du reste, 11 Mm de Créqui, qui lui repro- chait les hardiesses du Discours sur Plnégalité. Je semble ici me contredire, alors qu’en réalité je ne fais que compléter ma pensée. Rousseau a toujours parlé clairement; il ‘ l
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