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xxvt INTRODUCTION. torite sans bornes, qui devait rendre les hommes heureux, les a faits esclaves. La doctrine de Hobbes, interpretee par i les gens d’eglise, est devenue, comme la satyre de Machiavel, une arme nouvelle entre les mains des tyrans. Pourquoi? parce que la monarchie existait partout de fait et que cette puissance que Hobbes (il le dit formellement) con- ferait aussi bien aux républiques qu’aux monarchies, n’avait pu servir qu’A ces dernieres et les fortilier. C’est donc la mo- narchie, la monarchic de droit divin, qu’il fallait tuer. Com- ment? Par quels arguments? Rousseau s‘est servi d’un moyen A sa portee, celui de la convention. Il a ramassé ce lieu com- mun qui trainait partout; il a montre avec une clarte saisis- sante et une vigueur de raisonnement incomparable que si cette convention originaire était unique, elle dcvait destituer le pouvoir royal de sa légitimite et reduire le monarque au role d’oflicier du peuple souverain. Le systeme etait simple, d’une simplicite presque enfantine, mais la tactique etait pro- fonde; son instinct de conspirateur solitaire avait bien servi Rousseau; cette bombe mystérieusement enveloppee, qu’il pla- gait A la base de l’ordre social, contenait un explosif assez puissant pour faire eclater l’ancien regime. Mais la royauté renversée, l’eglise restait debout sur ses ruines. Rousseau a mesure la force de cette puissance; aussi, ne l’attaque·t-il pas de front comme les encyclopedistes et comme Voltaire; il sait trop bien quel serait le resultat de cette lutte inégale. Mais il a compris tout le parti qu’ont su tirer les pretres en melant adroitement l’idee de Dieu A celle de la religion et en faisant participer leurs pratiques superstitieuses de tout le respect que les hommes temoignent partout A l’Etre su- preme. C’est cette confusion qu’il veut faire cesser; il proteste de sa veneration pour la divinite, mais il attaque ses ministres; il se , prosterne devant sa majeste, mais il rcnverse ses autels; il réduit le culte aux simples termes d’un serment civique et d’une profes- sion de foi morale. Dieu n’est plus qu’un prince sans Etat que la loi a détroné et, comme Platon le poete, Rousseau reconduit l Jesus, couronne de fleurs, aux frontieres de sa République. Nous ne jugeons pas ici les idees de Rousseau. Nous essayons de les expliquer, A notre maniere, apres avoir fait connaitre ses 1
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