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INTRODUCTION. xxtx Cesystéme assurerait une paix perpétuelle entre les peuples. Mais ce qui est utile au public ne s‘introduit guére que par la force, attendu que les intéréts privés, et en particulier ceux des monarques et de leurs ministres,y sont presque toujours opposés. Donc, les ligues fédératives ne pourront s’établir que par des révolutions. Alfranchies ainsi dans leurs relations extérieures, les répu- bliques, doivent également s’émanciper dans leur constitution interne du pouvoir ecclésiastique. Le droit que le pacte social donne aux souverains sur les sujets ne passe pas les bornes de l’utilité commune. Les croyances des citoyens n’intéressent l’Etat qu‘autant qu’elles se rapportent a la morale. Chacun peut avoir au surplus telles opinions qu’il lui plait. Il y a une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de iixer les articles, non pas comme dogme de religion, mais comme sentiments de sociabilité sans lesquels il est impossible d’étre bon citoyen ou sujet fidele. Uexistencp de la divinité puissante, intel- ligente, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante, la vie a venir, le bonheur des justes, le chétiment des méchants, la sainteté du Contrat social et des lois, voila les dogmes positifs, lesquels doivent étre énoncés avec précision, sans explications ni com- mentaires. Le seul dogme négatif c’est l’intolérance; les reli- gions qui la préchent doivent étre exclues. Le catholicisme est une de ces religions que l’Etat ne peut tolérer 21 moins que l’Etat ne soit l’Eglise et le prince le pontife. Un tel culte ne convien- drait que dans un gouvernement théocratique. Mais cette forme de gouvernement ne saurait étre bonne, car la république est le seul bon gouvernement, comme on 1’a prouvé, et 1’on ne peut concevoir une république chrétienne, l’un de ces deux mots excluant l’autre. Le christianisme ne préche que servitude et dépendance. Les vrais chrétiens sont faits pour étre esclaves. Tel est, en substance, le systeme du Contrat social. Pacitique dans son but final, bien que révolutionnaire dans ses moyens immédiats, il tend a établir la concorde entre les citoyens d’un méme pays, et entre les peuples d’un méme univers. Mais si 1’amour des lois est la passion civile qui doit unir, comme un ciment inaltérable, les membres de chaque corps politique, par quel lien moral plus fort que les intéréts sera-t—il possible l l
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