Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/150

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


VII


Dans la clarté blafarde dix esclaves parurent, portant un lourd fardeau qu’ils déposèrent à l’endroit même où Djizmé venait d’expirer.

L’objet nouveau se composait principalement d’un mur blanc, qui, nous faisant face, était maintenu en équilibre par deux longues travées de fer appliquées d’un seul côté sur le sol.

Au faîte du mur surplombait une large marquise, dont les deux coins avancés correspondaient, en les dominant de six pieds, aux extrêmes pointes des travées.

Les porteurs s’éloignèrent pendant que l’hypnotiseur Darriand s’avançait lentement, conduisant par la main le nègre Séil-kor, pauvre fou âgé d’une vingtaine d’années, qui, en marchant, prononçait dans un français dénué de tout accent des paroles douces et incohérentes.