Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/165

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peint, formant dans la cloison le pendant du premier.

C’était Soreau qui, promptement transformé, remplissait le rôle de Jésus, dont la seule présence semblait accuser Juliette d’avoir trahi sa foi en appelant volontairement la mort.

Immobile, le spectre divin, brusquement fuligineux, s’annihila derrière la muraille, et Juliette, comme frappée de folie, se prit à sourire doucement devant quelque nouveau rêve prêt à enchanter son imagination.

À ce moment parut en scène un buste de femme, fixé sur un socle à roulettes qu’une main inconnue devait pousser latéralement du fond gauche de la coulisse à l’aide d’une tige rigide dissimulée au ras du plancher.

Le buste blanc et rose, pareil à une poupée de coiffeur, avait de grands yeux bleus aux longs cils et une magnifique chevelure blonde séparée en nattes minces qui se répandaient naturellement de tous côtés. Certaines de ces tresses, visibles grâce au hasard qui les avait placées sur la poitrine ou contre les épaules, montraient maintes pièces d’or appliquées de haut en bas sur leur face extérieure.

Juliette, charmée, s’avança vers la visiteuse en prononçant ce nom :

— Urgèle !…

Soudain le socle, secoué de droite et de