Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/387

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XVI


Depuis notre arrivée à Éjur, le Hongrois Skarioffszky s’exerçait quotidiennement sur sa cithare aux sons purs et troublants.

Sanglé dans son uniforme de tzigane qu’il ne quittait jamais, l’habile virtuose exécutait d’étourdissants morceaux, qui avaient le don d’émerveiller les indigènes.

Toutes ses séances étaient suivies par un groupe de Ponukéléiens attentifs et nombreux.

Agacé par cette assistance encombrante, le grand artiste voulut choisir, pour son travail, une retraite solitaire et séduisante, bien à l’abri des visites importunes.

Chargé de sa cithare et du support pliant destiné à la recevoir, il gagna le Béhuliphruen, sous les hautes futaies duquel il s’enfonça d’un pas