Page:Ruskin - Sésame et les lys.djvu/119

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` sésame 1 17 toiüours vulgaires précisément dans la propor- tion où ils sont incapables de sympathie, de vive compréhension, de tout ce qui, en pressant le sens et en allant jusqu’au fond d’un terme banal mais exact,peut s’appeler le « tact », ou le « sens du tou- cher »,du corps et de l’âme; ce tact que le Mimosa possède entre tous les arbustes, que la femme pure possède par-dessus toutes les créatures, l’affine- ment etlaplénitude de la sensation qui va plus loin que la raison, guide et sanctiücateur dela raison elle- même. La Raison ne peut que déterminer ce qui est vrai, c’est la passion donnée par Dieu à Phuma- nité qui seule peut reconnaître ce que Dieu a fait de bon. ' zg. Nous recherchons donc cette grande assem- blée des morts, non pas seulement pour apprendre d’eux ce qui est vrai, mais surtout pour sentir avec eux ce qui est juste. Maintenant, pour sentir avec eux nous devons être pareils à eux, et aucun de nous ne peut devenir cela sans peine. Comme la vraie connaissance est une connaissance disciplinée et éprouvée, non la première pensée qui nous vient, de même la vraie passion est une passion discipli- née et éprouvée -—~ non la première passion qui vient. Les premières qui viennent sont les vaines, les fausses, les trompeuses; si vous leur cédez, elles vous entraînent capricieusement et loin, en pour- suites vaines, en enthousiasmes creux, jusqu’à ce qu’il ne vous reste ni vrai but ni vraie passion. Non À qu’aucun des sentiments que peut éprouver l’huma- I nité soit mauvais en lui-même, il est mauvais seu- l lement quand il est indiscipliné. Sa noblesse réside · · 8.

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