Page:Ruskin - Sésame et les lys.djvu/219

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LES LYS 217 et de les retenir quand il n’y a pas de cause à dé- fendre. Il n’y a pas de souffrance, pas d’injustice, pas de misère sur la terre, dont vous ne soyez cou- pables. Les hommes peuvent supporter la vue de ces choses, mais vous ne devriez pas pouvoir la supporter. Les hommes peuvent fouler tout cela aux pieds sans rien ressentir, car la lutte est leur lot, et l’h0mme est pauvre de sympathie et avare d’espérance; vous seules pouvez sentir la profon- 2 deur de la peine et deviner le chemin de la guérison. l . Au lieu de vous efforcer à cette tâche, vous vous É en détournez ; vous vous Lenfermez derrière les É murs de vos parcs et les portes de vos jardins; et vous vous contentez de savoir qu’au delà il ya tout un monde inculte; un monde dont vous n’osez pas . pénétrer les secrets, et dont vous n’osez.pas con- cevoir la souffrance. gz. Je vous avoue que c’est là, pour moi, le ( plus confondent de tous les phénomènes que nous à présente l’humanité. Je ne suis pas surpris des abî- mes, où, quand elle est détournée de ce qui fait son » honneur, peut t0mberl’humanité. Je ne m’étonne ‘ pas de lamort de l’avare, dont les mains, en se rc-· ‘ lâchant, laissent pleuvoir l’or. Je ne m’ét0nne pas

 de la vie du débauche, un linceul enroulé autour de 1

-j_ses pieds. Je ne m’étonne pas du meurtre commis Q par un seul bras sur une seule victime, dans l’obscu-

 rité du chemin de fer, oui à l’ombre des roseaux du `

y ,_ marais. Je ne m’étonne même pas du meurtre auk ""pmyriades de mains, du meurtre des multitudes,

accompli comme une action d’éclat, en plein jour,

P par la frénésie des nations, ni des incalculable.; et .' rl;

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