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11. Eh bien, des livres de cette espèce ont été écrits à toutes les époques, p3!’ leurs plus gI‘aI1dS hommes(1) —par de grands lettrés, de grands hommes d’Etat et de grands penseurs. Tous sont à votre disposition et la Vie est courte. Vous avez déjà entendu (lire cela auparavant Z cependant ELVCZ-VOUS pris les mesures et tracé la carte de cette courte vie et de ses possibilités? Savez··vous, si vous lisez ceci, que VOUS ne POUVBZ PaS iire cela, que ce que vous laissez échapper aujourd’hui, vous ne pourrez le retrouver demain (z)? Voulez-vous aller bavar-
l’art. Sans doute le don artistique et la bonté du caractère sont deux choses distinctes; un homme bon n’est pas nécessairement un peintre, et une vision de coloriste xfimplique pas de jraleur morale. Iais le grand art implique l’union de ces deux pouvoirs : il n’est que Fexpression, [par un tempérament doué, d’une âme pure. S’il n’y a pas de don, i n’y a pas d’art du tout, et s’il n’y a pas d’âme -—— bien plus, pas d’âme droite — Part est inférieur, fût-ilhabile. » Le contraire de cette assertion (un contraire qui finirait peut-être par se rencontrer avec elle, si on prolongeait les deux pensées non pas jusqu’à l’infini, mais jusqu’a une certaine hauteur) a été exprimé avec beaucoup de grâce par Whistler dans son Ten o’c1ock. -—· Se rappeler aussi le passage des Stones of Venice sur une archivolte de Saint-Marc dessinée par un artiste inconnu : « J ’ai foi que Phomme qui a dessiné cette archivolte et s’en est enchanté a vécu heureux, sage et saint. »
(1) Cette facon singulière d’user du pronom est très fréquente chez Ruskin. Ex. : Bible d’A miens (IV, 23) ¥«·Ceux-ci sont les deux seuls tombeaux de bronze derses grands hommes qui subsistent en France. io De même dans le sous-titre de la Bible d Amiens : « Esquisses de l’histoire de la Chrétienté pour les garçons et les filles qui ont été tenus sur ses fonts baptismaux. » Dans la Couronne d’0livier Sauvage : c Ces chasses qui réalisent dans la personne de ses pauvres ce que leur maître, n etc., etc. (Note du traducteur.)
(2) C’est en obéissant à une pensée de ce genre que le père de Stuart Mill lui flt commencer le grec à trois ans, et lire avant Page de huit ans tout Hérodote, la Cyrcpédie et les Mém0rables,les Vies de Diogène Laerce,une partie de Lucien, lsocrate et six dialogues de Platon, dont le Théétète. c Il me mit ainsi,dit Stuart Mill, en avance d’un_quart de siècle sur mes contemporainsm Acette manièrede concevoir la vie on peut opposer le bel Essai de Taine,où il montre que ce sont les heures de flânerie qui sont les plus fécondes pour l’esprit. Et en allant Jusqu’ Pautre excès on peut trouver charmant et même