Page:Ruskin - Sésame et les lys.djvu/8

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



PRÉFACE DU TRADUCTEUR[1]

SUR LA LECTURE


Il n’y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons laisser sans les vivre, ceux que

  1. Je n’ai essayé, dans cette préface, que de réfléchir à mon tour sur le même sujet qu’avait traité Ruskin dans les Trésors des Rois : l’utilité de la Lecture. Par là ces quelques papes où il n’est guère question de Ruskin constituent cependant, si l’on veut, une sorte de critique indirecte de sa doctrine. En exposant mes idées, je me trouve involontairement les opposer d’avance aux siennes. Comme commentaire direct, les notes que j’ai mises au bas de presque chaque page du texte de Ruskin suffisaient. Je n’aurais donc rien à ajouter ici si je ne tenais à renouveler l’expression de ma reconnaissance mon amie Mlle Marie Nordlinger qui, tellement mieux occupée à ces beaux travaux de ciselure où elle montre tant d’originalitê et de maîtrise, a bien voulu pourtant revoir de près cette traduction, souvent la rendre moins imparfaite. Je veux remercier aussi pour tous les précieux renseignements qu’il a bien voulu me faire parvenir M. Charles Newton Scott, le poète et l’érudit à qui l’on doit « L’Église et la pitié envers les animaux » et « L’Époque de Marie-Antoinette », deux livres charmants qui devraient être plus connus en France, pleins de savoir, de sensibilité et d’esprit.
    P.S.— Cette traduction était déjà chez l’imprimeur quand a paru dans la magnifique édition anglaise (Library Edition) des œuvres de Ruskin que publient chez Allen MM. E.-T. Cook et Aexander Wedderburn, le tome contenant Sesamme et les Lys (au mois de juillet 1905). Je m’empressai de redemander mon manuscrit, espérant compléter quelques-unes de mes notes à l’aide de celles de MM. Cook et Wedderburn. Malheureusement si cette édition m’a infiniment intéressé, elle n’a pu autant que je l’aurais voulu me servir au point de vue de mon volume. Bien entendu la plupart des références étaient déjà indiquées dans mes notes. La Library Edition m’en a cependant fourni quelques nouvelles. Je les ai fait suivre des mots « nous dit la Library Edition », ne lui ayant jamais emprunté un renseignement sans indiquer immédiatement d’ou il m’était venu. Quant aux rapprochements avec le reste de l’œuvre de Ruskin on remarquera que la « Library Edition » renvoie à des textes dont je n’ai pas parlé, et que je renvoie à des textes qu’elle ne mentionne pas. Ceux de mes lecteurs qui ne connaissent pas ma préface à la Bible d’Amiens trouveront peut-être que, venant ici le second, j’aurais dû profiter des références ruskiniennes de MM. Cook et Wedderburn. Les autres comprenant ce que je me propose dans ces éditions ne s’étonneront pas que je ne l’aie pas fait. Ces rapprochements tels que je les conçois sont essentiellement individuels. Ils ne sont rien qu’un éclair de la mémoire, une lueur de la sensibilité qui éclairent brusquement ensemble deux passages différents. Et ces clartés ne sont pas aussi fortuites qu’elles en ont l’air. En ajouter d’artificie1les, qui ne seraient pas jaillies du plus profond de moi-même fausserait la vue que j’essaye, grâce à elles, de donner de Ruskin. La Library Edition donne aussi de nombreux renseignements historiques et biographiques, souvent d’un grand intérêt. On verra que j’en ai fait état quand je l’ai pu, rarement pourtant. D’abord ils ne répondaient pas absolument au but que je m’étais proposé. Puis la Library Edition, édition purement scientifique, s’interdit tout commentaire sur le texte de Ruskin, ce qui lui laisse beaucoup de place pour tous ces documents nouveaux, tous ces inédits dont la mise au jour est à vrai dire sa véritable raison d’être, Je fais au contraire suivre le texte de Ruskin d’un commentaire perpétuel qui donne à ce volume des proportions déjà si considérables qu’y ajouter la reproduction d’inédits, de variantes, etc., l’aurait deplorablement surchargé. (J’ai dû renoncer à donner les Préfaces de Sésame, et la 3e Conférence que Ruskin ajouta plus tard aux deux primitives.) Tout ceci dit pour m’excuser de n’avoir pu profiter davantage des notes de MM. Cook et Wedderburn et aussi pour témoigner de mon admiration pour cette édition vraiment définitive de Ruskin, qui offrira à tous es Ruskiniens un si grand intérêt.
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils