Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/378

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1646. 4. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN ET DE LENET[1] À MONSIEUR ET MADAME DE SÉVIGNÉ[2]

Au mois de mars 1646, étant à Paris, et me trouvant sur le point d’en partir pour venir chez moi me préparer à la campagne prochaine, Lenet, procureur général au parlement de Bourgogne, et fort de mes amis alors, vint souper avec moi pour me dire adieu ; et ne sachant à quoi passer le reste de la soirée, nous écrivîmes cette lettre en vers au marquis de Sévigné et à sa femme, qui étoient en Bretagne dans leur maison des Rochers[3].

À Paris, mars 1646.

SALUT à vous, gens de campagne,
À vous, immeubles de Bretagne,
Attachés à votre maison
Au delà de toute raison :
Salut à tous deux, quoique indignes
De nos saluts et de ces lignes ;
Mais un vieux reste d’amitié
Nous fait avoir de vous pitié,
Voyant le plus beau de votre âge
Se passer en votre village,
Et que vous perdez aux Rochers
Des moments à tous autres chers.
Peut-être que vos cœurs tranquilles,
Censurant l’embarras des villes,
Goûtent aux champs en liberté
Le repos et l`oisiveté.

  1. Lettre 4.— Pierre Lenet, d’abord conseiller, puis procureur général au parlement de Dijon, nommé conseiller d’État en 1645, a laissé d’intéressants mémoires, dont la meilleure édition a été donnée par M. A. Champollion dans la collection Michaud. < : ll avoit, dit Mme de Sévigné, bien de l’esprit, un peu grossier, mais vif et plaisant. » (Lettre du 31 août I689.)
  2. Les lettres de Bussy et à Bussy ont été revues, comme nous l’avons dit dans l’Avertissement, sur une copie écrite de sa main. Les introductions qui les précèdent sont toutes de lui.
  3. Voyez la Notice biographique, p. 36.