Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/542

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la cause ; mais non, c’étoit vous. C’est vous encore qui m’avez causé des afflictions tristes et amères en voyant ces trois nouveaux maréchaux de France[1]. Mme de Villars, qu’on alloit voir, me mettoit devant les yeux les visites qu’on m’auroit rendues en pareille occasion, si vous aviez voulu.

La plus jolie fille de France vous fait des compliments. Ce nom me paroît assez agréable ; je suis pourtant lasse d’en faire les honneurs[2].




81. — DU COMTE DE BUSSY RABUTIN
À MADAME DE SÉVIGNÉ.

Le même jour que je reçus cette lettre, j’y fis cette réponse.

À Bussy, ce 29e juillet 1668.

JE ne croyois pas, Madame, avoir jamais lieu de vous parler de nos démêlés, après ce que je vous en écrivis dernièrement ; mais puisque vous jugez à propos d’éclaircir cette affaire, et de la traiter à fond, je m’en vais vous dire tout ce que j’en pense, avec cette sincérité dont vous m’avez reproché quelquefois que je traitois trop franchement les choses qui me regardoient, et avec la protestation que quoiqu’il vous paroisse que je croie que

  1. Ces trois maréchaux étaient Louis-Hector Créquy, Bellefonds, et Humières, cousin de Bussy. Marie Gigault de Bellefonds, marquise de Villars, était tante du maréchal de Bellefonds, et mère de Villars, qui ne fut maréchal de Fiance qu’en 1702.
  2. En réponse à la seconde addition contenue dans la note 11 de la lettre 78, on a ajouté à la fin de la copie de cette lettre-ci la phrase suivante : « Je vous remercie de vos lettres au Roi, mon cousin ; elles me feroient plaisir à lire d’un inconnu : elles m’attendrissent. Il me semble qu’elles devroient faire cet effet-là sur notre maître : il est vrai qu’il ne s’appelle pas Rabutin comme moi. »