Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/549

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1668

grâce sourde, inconnue au public, mais qui m’eût empêché de m’avancer à moins que d’un changement dans le ministère, et je n’étois pas assez jeune pour espérer de voir ce changement.

Mais je m’étonne que vous regardiez Mme de Villars au-dessus de vous, parce qu’elle est tante de Bellefonds qu’on vient de faire maréchal[1]. J’ai peur que l’éclat de cette nouvelle fortune ne vous éblouisse, parce que vous la regardez de près ; mais croyez-moi, ma belle cousine, moi qui la regarde d’un peu loin, et qui dès là en juge plus sainement, ce n’est pas ce que vous pensez. On peut bien donner un rang dans le monde à Charles Gigault au-dessus de Roger de Rabutin ; mais il changera fort, ou il marchera toujours bien après lui dans l’estime des honnêtes gens.

La plus jolie fille de France sait bien ce que je lui suis ; il me tarde autant qu’à vous qu’un autre vous aide à en faire les honneurs. C’est sur son sujet où je reconnois bien la bizarrerie du destin, aussi bien que sur mes affaires.




82. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE
DE BUSSY RABUTIN.
À Paris, ce 14e août 1668.

J’AI reçu votre dernière lettre, j’y ferai réponse l’un de ces jours ; j’ai bien des choses à y répondre. Bon Dieu, quelles apostilles n’y ferai-je point ! mais je n’ai pas le loisir aujourd’hui.

Je donnerai votre placet quand on me l’apportera.

1…[2].Il met en ordre tous les titres de la noblesse de

  1. Voyez la note 12 de la lettre précédente.
  2. LETTRE 82. — Il manque ici quelques mots, que Bussy aura