Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/552

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1668
84. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE
DE BUSSY RABUTIN.
À Paris, ce 28e août 1668.

ENCORE un petit mot, et puis plus : c’est pour commencer une manière de duplique[1] à votre réplique.

Où diantre vouliez-vous que je trouvasse douze ou quinze mille francs ? Les avois-je dans ma cassette ? Les trouve-t-on dans la bourse de ses amis ? Ne m’allez point dire qu’ils étoient dans celle du surintendant : je n’y ai jamais rien voulu chercher ni trouver ; et à moins donc que l’abbé de Coulanges ne m’eût cautionnée, je n’aurois pas trouvé un quart d’écu, et lui ne le vouloit pas sans cette sûreté de Bourgogne, ou nécessaire ou inutile : tant y a qu’il la vouloit ; et pour moi, je fus au désespoir de n’avoir pu vous faire ce plaisir. Mais enfin voilà ce chien de portrait fait et parfait. La joie d’avoir si bien réussi, et d’être approuvé, vous fit trouver que j’avois tous les torts du monde, et vous les augmentâtes beaucoup par l’envie de vous ôter tous les remords. Mme de Montglas vous oblige donc de le rompre, et puis son mari rejoint tous les morceaux ensemble, et il le ressuscite Quelle niaiserie me contez-vous là ? Est-ce lui qui est cause que vous le placez dans un des principaux endroits de votre histoire ? Eh bien, s’il vous l’avoit rendu, vous n’aviez qu’à le remettre dans votre cassette, et ne le point mettre en œuvre comme vous avez fait : il n’auroit pas été entre les mains de Mme de la Baume, ni traduit en toutes les langues. Ne me dites point que c’est la faute d’un autre, cela n’est point vrai, c’est la vôtre purement ; c’est sur cela que je vous donnerois un beau soufflet, si j’avois l’honneur d’être au-

  1. LETTRE 84. — Duplique, terme de pratique, et réponse à une réplique,