Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 11.djvu/71

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LXV
DE MADAME DE SÉVIGNÉ, ETC.

cela un des procureurs du pays avoit fait paroître un défaut de bonne volonté, je ne doute pas que, pour peu que la chose eût été considérable, je n’en eusse été averti par M. Morant[1], qui, avec l’engagement d’agir de concert avec moi, suivant les ordres qu’il reçoit, a un moyen bien sûr de savoir ce qui se passe ès délibérations de l’assemblée, puisqu’il y est présent. Ainsi, Monsieur, il me seroit difficile de comprendre par quel motif on a écrit contre la conduite de ce procureur du pays Je me flatte que Sa Majesté aura la bonté de se souvenir que je n’ai jamais eu de ménagement pour ceux qui n’ont pas fait leur devoir avec tout l’empressement qu’il faut, et espère aussi que vous me ferez la grâce de l’informer de ce que j’ai l’honneur de vous mander. Il est vrai qu’il fut dit que n’y ayant point d’ordre de Sa Majesté adressé à l’assemblée pour ces cinquante mille livres, comme on en envoie un pour le don gratuit, il étoit nécessaire d’en demander ; mais j’ordonnai à l’assemblée, qui doit donner


  1. séances aux mois d’octobre et de novembre. Dans les procès-verbaux imprimés que nous avons cités plusieurs fois, nous voyons que l’intendant (Morant) demanda aux états, par ordre du Roi, pour les dépenses du port d’Antibes, « la somme de cinquante mille livres pour l’année prochaine (1685), et la suivante également. » L’assemblée « accorde unanimement » à Sa Majesté les cinquante mille livres demandées ; mais comme en vertu d’une délibération des états de 1683 la province a déjà à payer, pour le même objet, trente mille livres en 1684 et autant en 1685, l’assemblée délibère, « sous le bon plaisir de Sa Majesté, que ladite somme de cinquante mille livres sera payée, moitié au dernier décembre mil six cens huitante six, et l’autre moitié à pareil jour de l’année mil six cens huitante sept ; et néanmoins que Sa Majesté sera très-humblement suppliée d’avoir la bonté… de déclarer que ce sera la dernière contribution pour l’achèvement des réparations dudit port d’Antibes, eu égard à la grande contribution qu’elle a faite à la réparation dudit port, qui reviendroit avec celle-ci à cent quatre-vingt-cinq mille livres. »

  2. Thomas-Alexandre Morant, intendant en Provence de 1680 à 1689. Voyez tomes VII, p. 100, et VIII, p. 395.