Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 5.djvu/9

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1676 Cependant Aire est pris[1]. Mon fils me mande mille biens du comte de Vaux[2] , qui s’est trouvé le premier partout, mais mille maux des ennemis[3], qui ont laissé prendre en une nuit la contrescarpe, le chemin couvert, passer le fossé plein d’eau, et prendre les dehors du plus bel ouvrage à corne, et ensuite se sont rendus[4] le dernier jour du mois, sans que personne ait combattu. Ils ont été tellement frappés de la frayeur que leur a donnée notre canon, que les nerfs du dos qui servent à se tourner, et ceux qui font remuer les jambes pour s’enfuir, n’ont pu être arrêtés par la volonté d’acquérir de la gloire ; et voilà ce qui fait que nous prenons des villes[5] . C’est M. de Louvois qui en a tout l’honneur[6] ; il a un plein pouvoir, et a fait avancer ou reculer les armées, comme il l’a trouvé à propos. Pendant que tout cela se passoit, il y avoit une illumination à Versailles, qui annonçoit la victoire ce fut samedi.

  1. 6. Voyez tome IV, p. 534, note 13.
  2. 7. Le fils aîné de Foucquet. Voyez tome IV, p. 505, note 3.
  3. 8. Au lieu de « mais mille maux des ennemis, » on lit dans l’édition de 1754 « mais il dénigre fort les assiégés. »
  4. 9. On lit dans l’édition de 1754 « ... du plus bel ouvrage à corne qu’on puisse voir, et qui enfin se sont rendus » un peu après : « Ils ont été tellement épouvantés de notre canon ; » à la fin de la phrase suivante « et fait avancer et reculer les armées, comme il le trouve à propos ; » deux lignes plus loin « ce fut samedi, quoiqu’on eût dit le contraire » l’avant-dernière phrase du paragraphe se termine par auront promis, au lieu de : promettront.
  5. 10. Voyez plus loin, p. 29, note 26. II est dit dans la relation déjà citée, de la Gazette du 11 août « La vigilance sans relâche du maréchal de Humières... la capacité avec laquelle les travaux étoient conduits par le sieur de Vauban, les entreprises et le succès des troupes, qui emportoient, dans une garde de vingt-quatre heures, des ouvrages qui sembloient pouvoir se défendre huit jours, obligèrent le marquis de Wargnies, qui commandoit dans Aire, à faire battre la chamade. »
  6. 11.« Le marquis de Louvois, ministre et secrétaire d’État, qui étoit présent au siège, est parti ce matin (5 août) pour retourner à la cour. » (Gazette du 8 août.)