Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 9.djvu/439

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beau temps, nous retrouverons ces allées sèches comme à Livry.

J’ai su plus tôt que vous que votre enfant étoit arrivé à Paris en bonne santé. S’il est vrai que le marquis attende votre réponse pour se rendre à Grignan, le carnaval sera passé. Je vous envoie ce que m’écrit Beaulieu comme cette sottise nous fait rire[1], nous espérons qu’elle fera le même effet auprès de vous. Voilà encore des vers contre le jeu ; mais je trouve toujours, à l’honneur de Dangeau, qu’il est excepté de cette règle quasi générale. Je voudrois bien que vous eussiez trouvé un marchand pour votre compagnie ; on dit toujours qu’il y a des occasions où l’on ne s’aperçoit point qu’il ny ait plus d’argent en France ; pour moi, qui commence à croire le contraire, je souhaite qu’on ne s’en aperçoive point dans celle-ci. Monsieur d’Arles seroit bien heureux de, n’en, point trouver pour bâtir son conseil de conscience est bien large et bien commode, s’il approuve ce dernier emprunt ; on pourroit plutôt, ce me semble, dispenser de la résidence ; mais ce qui sera parfait, et que j’espère des bonnes tètes de ce pays-là, c’est que l’Archevêque accordera l’un et l’autre il bâtira et ne résidera point il empruntera et ne rendra point. Ah, fi comme vous dites, des mauvaises têtes, cela gâte tout, et ruine même la société. Il n’a tenu qu’à vous que je n’aie plus tôt rendu justice à M. de la Garde je vous en gronde ; vouliez-vous que j’eusse le don de deviner ? je raisonnois juste sur ce qui paroissoît conservez-moi l’amitié de ce bon et saint homme ; vous y êtes obligée. Vous ne m’avez point dit à quel jeu s’est ruiné le trésorier de votre province[2] ; car pour notre pauvre d’Harouys, ç’a a été par la passion outrée de faire plaisir à tout le monde

  1. Voyez la lettre du 4 janvier précédent, p. 390.
  2. Voyez plus bas, p. 466.