Page:Sainte-Beuve - Poésies 1863.djvu/459

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


AOUT. 157

Dont il sera le chef, à Thomme est refusé,

Où se prendre ? où guérir un cœur trop vite usé ?

En cette heure de calme, en ce lieu d’innocence,

Dans ce fond de lointain et de prochain silence,

La réponse est distincte, et je rentrnds venir

Du Ciel et de moi-même, et tout s’y réunir.

Oh ! oui ; ce qui pour l’homme est le point véritable,

La source salutaire avecle rocher stable ;

Ce qui peut Fempècher ou bien de s’engourdir

Aux pesanteurs du corps, ou bien de s’enhardir,

S’il est grand et puissant, à l’orgueilleuse idée

(Ju’il pose ensuite au monde en idole fardée

Va daas laquelle il veut à tout jamais se voir.

Ce qu’il faut, c’est à l’âme un malheur, un devoir !

— Un malheur (et jamais il ne laitle à s’en faire).
Un malheur bien reçu, quelque douleur sévère
Qui tire du sommeil et du dessèchement,
Nous arrache aux appâts frivoles du moment,
Aux envieux retours, aux aigreurs ressenties ;
Qui mette bas d’un coup tant de folles orties
Dont avant peu s’étouffe un champ dans sa longueur.
Et rouvre un bon sillon avec peine et sueur !
— Un devoir accepté, dont l’action n’appelle
Ni l’applaudissement ni le bruit après elle,
Qui ne soit que constance et sacrifice obscur :
Sacrifice du goût le plus cher, le plus pur.
Tel que l’honneur mondain jamais ne le réclame.
Mais voulu, mais réglé dans le monde de l’âme.
Et c’est ainsi qu’il faut, au Ciel, avant le soir,
A son cœur demander un ma/Zi^r, un devoir !

Marèze avait atteint à très-peu près cet âge
Où le flot qui poussait s’arrête et se partage ;

158 PENSEES

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils