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ET SONNETS. 295

La violette rit dans son rare gazon ;

La neige brille aux monts sans insulter la plaine.

Que d’aspects assemblés ! sur la hauteur prochaine

Ce massif de bois nu, dans sa sobre saison ;

En bas le lac limpide, où nagent sans frisson

Les blancs sommets tout peints d’un bleu de porcelaine.

Pauvre orage de Tàme, où donc est ta rigueur ?
Qu’as-tu fait de tes flots, orage de mon cœur ?
Je sens à peine en moi les rumeurs expirantes.

J’aime ce que j’aimais ; un souvenir pieux

Sur ces coteaux nouveaux me redit d’autres lieux,

Et je songe au passé le long des eaux courantes.

111

. . AUeslellel
Dantk.

Et je songe au passé, peut-être à l’avenir,
Peut-être au bonheur même en sa vague promesse,
Au bonheur que promet un reste de jeunesse,
Et qu’un cœur pardonné peut encore obtenir.

Pardonne-lui, Seigneur, et le daigne bénir ;
Retiens sa force errante, ou force sa faiblesse,
Pour qu’en toute saison ton souffle égal ne laisse
Ni désir insensé, ni trop cher souvenir.

Qu’il se reprenne à vivre, en espoir de la vie ;
Que, sans plus s’enchaîner, il trouve qui l’appuie,
Qui lui rapprenne à voir ce qu’il s’est trop voilé ;

296 NOTES

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