Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/18

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avec Corneille quand on est si bien dehors, et c^est /à, ajoutait-il, un de ces actes qui font honneur à la nature humaine. » Vis-à- vis de nos autres génies suranw^s il ne mon- tre, à l’occasion, pas plus de révérence. Il leur préfère le simple talent des écrivains plus proches de lui. Dans son étude sur M. Bru- netière (1) il ne craignait pas de le déclarer sans ambages : « Sincèrement, J’ai beau faire, fai toujours besoin d’un effort pour lire Bossuet. Il est vrai que dès que fen ai lu quelques pages, je sens bien qu’après tout, il est, comme on dit aujourd’hui « très fort-», mais il /le me fait presque pas plaisir, tan- dis que souvent, ouvrant au hasard un livre d’aujourd’hui ou d’hier {je ne dis pas n’im- porte lequel, ni le livre d’un grimaud, ni d’un sous-disciple) il m’arrive de frémir d’aise, d’être pénétré de plaisir jusqu’aux moelles, — tant j’aime cette littérature de la seconde moitié du XIX» siècle, si intelli- gente, si inquiète, si folle, si morose, si détraquée, si subtile, tant je Vaime jusque dans ses ajfectations. » Tels écrivains pourtant n’eurent pas le don de conquérir ses faveurs, peut-être pour les uns parce qu’ils n’étaient ni asses: inquiets ni assez subtils, ni assez détraqués : Georges Ohnet entre autres, dont Ferrécution est restée célèbre dans les fastes de la Cr/lique, et José- phin Soularg, le faiseur de sonnets, et la com- tesse Diane, et plusieurs encore connurent (1) Les Oontemporains, Tome I.