Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/22

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— 16 — logique, comme sans réserve de pruderie (1). » C’était bien de la vie que le Député Le veau, comme le furent toutes — ou presque — les pièces qui suivirent : Mariage blanc (1891), Flipole (1893), Les Rois (1898), l’Age difficile, le Pardon (1895), l’Aînée (1898). Ce n’est point le lieu ici d’étudier en détail chacune de ces pièces, nous voulons nous bor- ner à en indiquer les caractères généraux. Il se peut que Jules Lemaitre n’ait point, à proprement parler, le « don de la création dramatique » mais, outre que c’est là un cli- ché bien suranné, il n’est, en tout cas, point douteux que Jules Lemaitre, au théâtre comme ailleurs, possède le don du charme et celui de l’émotion. Le don de l’émotion, à chaque instant il se révèle, à chaque instant il nous frappe dans chacune de ses œuvres, aussi bien dans le Député Leveau et dans /’Age difficile que dans Mariage blanc et dans Les Rois do/it le deuxième acte est un des plus poignants qui aient été écrits depuis que le théâtre existe, et dans Révoltée même son œuvre de début. Quant au don du charme, à chaque scène il se fait Jour et il nous captive, dans le cours de son œuvre dramatique tout entière, par la /inesse sérieuse et profonde du dialogue, par l’imprévu des réflexions, par la hardiesse des propos, la nouveauté des situations, par le dilettantisme des /tersonnages essc/itiels et par fenjouement de leur scepticisme moins (1) Discoirs 4e M. Gr^arJ à la réccplioa de M. J. I^cinailrc,